Quatrième réponse au communique de Raramatai Ferry du 29 août 2009

 

LE COÛT DE LA DEFISCALISATION LOCALE


La défiscalisation locale est une disposition fiscale incitative du pays pour le développement. Elle n’existait que pour les navires neufs destinés à la desserte maritime interinsulaire. Au 1er avril 2009, après le dépôt de la demande de Mr Bill Ravel,  la loi du pays n° 2009-7 étend cette disposition à tous navires d’occasion, y compris celui de Mr Ravel ; pur hasard n’est-ce pas !  Cependant, cette nouvelle disposition stipule  que seuls les navires de moins de 10 ans peuvent en bénéficier et que seules les demandes d’agrément  présentées entre le 1er avril 2009 et le 31 décembre 2010 (c’est demain eu égard à la complexité des dossiers  et aux montants importants  des investissements en la matière) seront acceptées. Le navire de Mr Ravel  a 9 ans ; pur hasard encore n’est-ce pas !


La proposition de Mr Bill Ravel de donner une hypothèque maritime sur le King Tamatoa n’empêchera  pas de consommer immédiatement ces crédits d’impôts (1 Milliard 197 millions) au détriment d’ autres secteurs d’activité pourvoyeurs  d’emplois.


Par ailleurs, si le King Tamatoa créera des emplois au début de sa mise en service, il conduira à la mise au chômage  d’au moins autant de salariés dans les entreprises existantes concurrentes : aujourd’hui 3 caboteurs assurent la desserte régulière des ISLV ; leur capacité d’emport est de 325.000 tonnes par an ; les quantités transportées en 2008 sur cette ligne ont été de 164.000 tonnes soit 50% de la capacité offerte. La mise en service du King Tamatoa augmenterait  la capacité offerte de 125.000 tonnes pour la porter à 450.000 tonnes.


Il ne faut pas être grand devin pour comprendre que dans une seconde étape,  1 voire 2 caboteurs et leurs entreprises  devront arrêter leur activité,  entraînant avec eux la mise au chômage de plus 100 salariés ; des salariés qui auront œuvré pendant des années et des années, qui ont construit leur vie, qui ont une famille établie,  qui ont pris des engagements.
Le bilan au niveau de l’emploi est archi négatif. Nous ne considérons pas nos employés comme des pions.


Quant à une hypothèque maritime sur le navire pour préserver les intérêts  du pays, là encore il ne faut pas rêver : ce navire est déjà  invendable en Europe ; lorsqu’il sera en Polynésie qui croyez-vous viendrait chez nous pour le racheter, même pour une miche de pain ?


La finalité en plus clair : Mr Bill Ravel aura empoché 1 Milliard 197 millions du pays, c’est-à-dire nous les contribuables, et laissera en héritage au pays un boulet invendable. Bien joué n’est-ce pas !!


Cette offre louable et généreuse de Mr Bill Ravel va dans le même sens que celle de la non-utilisation du gazole détaxé ; un écran de fumée pour berner l’opinion publique.